11 novembre 2013

11/11/2013 - 11/11/2013
Stockholm 2013 Panel

Des milliers des représentants de gouvernements venus du monde entier, des experts de l'eau et des dirigeants de l'industrie se sont réunis à Stockholm du 1er au 6 septembre 2013 pour la Semaine mondiale de l'eau. Les participants, dont l'ordre du jour était la coopération dans le domaine de l'eau, ont discuté des moyens possibles pour favoriser une collaboration accrue entre les parties prenantes afin de s'assurer que l'eau restait une priorité de l'agenda du développement. Lors d'une table ronde avec des délégués des Nations Unies, Angel Gurria, Secrétaire Général de l'Organisation de coopération et de développement économiques, a lancé un appel à une action passionnée, rappelant à chacune des personnes présentes l'urgence de la situation.  Selon l'OCDE, d'ici 2050, la demande en eau augmentera de 55 pour cent en raison de la croissance démographique et économique. Serons-nous capables de répondre à cette demande ? « La pression sur les ressources en eau devrait s'accroître, et ce n'est pas une bonne nouvelle », a déclaré M. Gurria.

Et pourtant, en dépit de la multitude d’inquiétudes exprimées par de nombreux participants au cours de la semaine, des signes de progrès sont visibles.

Selon Bai-Mass Taal, Secrétaire exécutif du Conseil des ministres africains chargés de l'Eau (AMCOW), les efforts de plaidoyer entrepris sur le continent africain entamés dans le courant des années 1990, qui ont aboutit sur la Vision africaine de l'eau 2025, commencent à porter leurs fruits.

« L'Afrique nous montre la voix en matière de coopération pour gérer ces problèmes urgents dans le secteur de l'eau. Nous avons créé la Facilité africaine de l'eau, et avec l'aide de la Banque africaine de développement, nous développons et améliorons actuellement les infrastructures », a affirmé Taal.

En Afrique, la collaboration est essentielle pour garantir l'utilisation et la gestion adéquate des ressources en eau, car une large part des ressources en eau du continent est commune à plusieurs pays.

L'Afrique est traversée par un réseau complexe de 60 bassins fluviaux qui, collectivement, représentent 93 pour cent de ses eaux de surface. Et l'héritage hydrologique du continent est tel que tous les pays partagent au moins un de ces bassins fluviaux, 13 étant communs à plus de cinq États riverains. En outre, l'Afrique compte 38 systèmes aquifères transfrontaliers contenant des volumes d'eau considérables, notamment en Afrique du Nord.

Pourtant, en dépit des vastes quantités d'eau, moins de cinq pour cent des eaux de surface et souterraines sont exploitées et pleinement utilisées. Une meilleure utilisation des précieux 95 pour cent restants, encore non exploités, sera essentielle au développement futur de l'Afrique.

Le niveau d'investissement requis pour financer les infrastructures relatives à l'eau à des fins d'extraction, de stockage et de distribution sera substantiel ; il est actuellement estimé à un montant prudent de 50 milliards d'USD par an au cours des 20 prochaines années.

Devant l'ancien président ghanéen, John Kufuor, et les 11 ministres de l'Eau africains présents à la Semaine mondiale de l'eau, Keba Ba, directeur du Département de l'eau et de l'assainissement (OWAS) de la BAD, a parlé du soutien de la Banque visant à contribuer à renverser cette situation. « Par le biais de son programme de prêt dans le secteur de l'agriculture, de l'hydroélectricité, des infrastructures en eau à usages multiples, des transports fluviaux et de l'alimentation en eau ; et par le biais de divers fonds, notamment la Facilité africaine de l'eau, la Banque a apporté des contributions significatives à l'intégration et au développement national et régional », a-t-il déclaré.

La Facilité africaine de l'Eau (FAE), dont les efforts viennent compléter ceux de la Banque, a fait preuve de leadership en apportant son appui à différentes activités de gestion des ressources en eau transfrontalières sur le continent, avec 23 projets à son actif d’un montant total de 30 millions d'euros, soit 31 pour cent du total de ses engagements.

Akissa Bahri, Coordinatrice de la Facilité africaine de l'eau, a rappelé aux participants la valeur stratégique de la FAE. « La Facilité est un instrument régional essentiel pour favoriser la coopération transfrontalière », a-t-elle affirmé. « Nous disposons de connexions aux échelons national, régional et continental et travaillons en étroite collaboration avec des organisations régionales et des partenaires internationaux afin de constituer des partenariats solides entre plusieurs États autour de la question des eaux transfrontalières, afin de garantir des bénéfices socioéconomiques communs ».

Lors de la Journée de l'Afrique, tous ont convenu que la coopération en matière de gestion et de développement des ressources en eau transfrontalières constituait l’un des piliers de l'intégration régionale et du développement durable, et était essentielle à la sécurité de l'eau sur le continent.

Catégories: Gouvernance de l'eau, Connaissance sur l'eau

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