La Facilité africaine de l’eau et le gouvernement allemand entendent approfondir leur partenariat stratégique, avec des discussions axées sur l’appui à la mise en œuvre de la Stratégie 2026–2030 de la FAE et sur la mobilisation accrue de financements, d’expertise et d’investissements en faveur des priorités de l’Afrique en matière de sécurité hydrique.
Cette rencontre de haut niveau s’est tenue en Allemagne entre S.E. le Prof. Dr Hani Sewilam, ministre égyptien des Ressources en eau et de l’Irrigation et président du Conseil de direction de la Facilité africaine de l’eau (FAE), et S.E. Mme Reem Alabali-Radovan, ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement.
Mtchera Johannes Chirwa, directeur du Département du développement de l’eau et de l’assainissement à la Banque africaine de développement, a participé à la rencontre aux côtés de S.E. l’Ambassadeur Mohamed El Badri, ambassadeur de la République arabe d’Égypte en Allemagne, ainsi que de responsables de la FAE et de la Banque.
Les échanges ont porté sur la mise en place d’un partenariat institutionnel à long terme susceptible de renforcer le rôle continental de la FAE dans la préparation des investissements dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement, ainsi que dans la mobilisation des ressources nécessaires pour faire progresser ces investissements.
Les discussions ont également examiné la manière dont le dispositif allemand de coopération au développement, notamment des institutions telles que la KfW Development Bank et la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), pourrait s’aligner sur les priorités stratégiques de la FAE pour la période 2026–2030.
Le Prof. Dr Sewilam a indiqué que la mise en commun de ces capacités pourrait créer de nouvelles opportunités pour les investissements dans le secteur de l’eau en Afrique.
« La combinaison des capacités et de l’expertise des institutions allemandes avec le rôle de la FAE dans la préparation des projets permettra d’élargir les possibilités de financement et de mise en œuvre des priorités de l’Afrique en matière de sécurité hydrique », a-t-il déclaré.
Selon Chirwa, cet engagement intervient à un moment important pour la Facilité, alors qu’elle met en œuvre sa nouvelle Stratégie quinquennale.
« Notre ambition dans le cadre de la Stratégie 2026–2030 n’est pas simplement de préparer davantage de projets, mais de préparer des projets plus solides, capables d’attirer des investissements et de progresser vers leur mise en œuvre », a-t-il déclaré. « Un partenariat plus approfondi avec le gouvernement allemand peut renforcer notre capacité à le faire à plus grande échelle et à répondre aux priorités exprimées par les pays africains. »
Un partenariat stratégique au service du programme d’investissement de l’Afrique dans le secteur de l’eau
La Facilité africaine de l’eau, une initiative du Conseil des ministres africains chargés de l’eau, administrée par la Banque africaine de développement, occupe une position essentielle entre les priorités des pays en matière d’eau et les investissements nécessaires pour y répondre.
La FAE finance les travaux préparatoires qui permettent aux projets prioritaires de passer d’un besoin identifié à des propositions d’investissement crédibles. Cela comprend notamment les études de faisabilité, les études techniques, les évaluations environnementales et financières ainsi que d’autres activités nécessaires pour déterminer si les projets sont techniquement viables et prêts à attirer des financements.
Dans le cadre de sa Stratégie 2026–2030, la Facilité renforce ce rôle tout en accordant une importance accrue à la mobilisation des investissements autour des projets qu’elle prépare.
La Stratégie couvre des priorités allant de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement à la résilience climatique, à l’utilisation productive de l’eau et au renforcement des institutions du secteur, tout en consolidant le rôle de la FAE en tant que mécanisme continental capable de constituer un portefeuille d’investissements plus solide.
Les discussions en Allemagne ne se sont donc pas limitées à des projets individuels. Elles ont également porté sur la manière dont un partenaire majeur au développement pourrait s’engager avec la FAE à un niveau stratégique afin de contribuer à faire progresser cet agenda plus large.
Le Prof. Dr Sewilam a indiqué que cette rencontre ministérielle constituait une étape importante vers l’établissement de cette relation à plus long terme.
« Obtenir le soutien de l’Allemagne à travers un engagement ministériel en faveur de la Facilité africaine de l’eau représente une étape importante dans mon rôle de président du Conseil de direction de la FAE et jette les bases d’un partenariat solide et durable entre la FAE et l’Allemagne », a-t-il déclaré.
Mobiliser les capacités allemandes de développement au service de la Stratégie de la FAE
L’Allemagne est un partenaire de développement de longue date en Afrique et contribue à la fois à la Banque africaine de développement et au Fonds africain de développement.
La rencontre a examiné comment cette relation pourrait être élargie à travers une coopération renforcée avec la FAE, en mobilisant les capacités allemandes en matière de financement du développement, de coopération technique, de technologie et d’expertise du secteur privé.
Une attention particulière a été accordée à une éventuelle implication de la KfW Development Bank et de la GIZ, ainsi qu’aux possibilités de mobiliser l’expertise allemande dans les domaines de l’eau potable, de l’assainissement, du traitement de l’eau, de la performance des services publics et d’autres secteurs connexes.
La ministre fédérale allemande de la Coopération économique et du Développement a exprimé l’intérêt de l’Allemagne à poursuivre sa coopération avec la FAE et à mobiliser l’expertise ainsi que les technologies allemandes au service du secteur de l’eau en Afrique.
Les échanges ont également mis en évidence la convergence entre les priorités de développement de l’Allemagne et la Stratégie de la FAE, notamment en matière de sécurité hydrique, de résilience climatique, de mobilisation des investissements, de partenariats stratégiques et de participation accrue du secteur privé.
Selon Chirwa, le partenariat envisagé revêt une importance particulière parce qu’il pourrait permettre de réunir plusieurs formes complémentaires de soutien autour de projets émanant des pays africains.
« Ce qui rend ce partenariat particulièrement important, c’est la possibilité de réunir différents instruments autour d’un même portefeuille d’investissements porté par l’Afrique », a-t-il déclaré. « La FAE peut préparer les projets, tandis que les institutions de financement du développement, les partenaires techniques et le secteur privé peuvent intervenir autour d’opportunités déjà ancrées dans les priorités des pays. C’est ce type d’architecture de partenariat dont le secteur africain de l’eau a besoin. »
Du partenariat à l’impact à l’échelle du continent
Les deux parties ont convenu de poursuivre les discussions techniques afin de définir les domaines prioritaires et les modalités de coopération, et d’examiner comment le soutien allemand pourrait contribuer à la mise en œuvre de la Stratégie 2026–2030 de la FAE.
Cet engagement renforce les efforts de la FAE visant à constituer une coalition plus large de gouvernements, d’institutions de financement du développement, de partenaires techniques et d’investisseurs privés autour des besoins d’investissement de l’Afrique dans le secteur de l’eau.
Pour la Facilité, cet objectif est au cœur de l’ambition portée par sa nouvelle Stratégie.
Accroître les investissements en faveur de la sécurité hydrique en Afrique exige davantage que l’identification des besoins. Cela nécessite des projets crédibles, des ressources durables pour leur préparation, de solides partenariats financiers et des institutions capables d’accompagner les investissements jusqu’à leur mise en œuvre.
Un partenariat plus approfondi entre la FAE et le gouvernement allemand permettrait de rapprocher ces différents éléments autour d’une plateforme africaine qui travaille déjà avec les pays pour développer leurs investissements prioritaires.
Pour les communautés, cette architecture institutionnelle plus large poursuit en définitive un objectif très concret : permettre à davantage d’investissements essentiels dans l’eau et l’assainissement de passer des priorités nationales et des concepts de projets à des infrastructures financées et à des services effectivement disponibles sur le terrain.