Sous le patronage de la République du Sénégal, la Banque Africaine de Développement et la Facilité Africaine de l’Eau concluent une concertation stratégique visant à émerger des modèles d’assainissement urbain réplicables en Afrique
La Banque Africaine de Développement et la Facilité Africaine de l’Eau viennent de conclure un atelier de restitution du rapport de diagnostic du secteur de l’assainissement au Sénégal, étant l’un des douze rapports phares élaborés par la Facilité Africaine de l’Eau dans le cadre de son nouveau guichet d’investissement : l’Initiative pour l’Investissement dans l’Assainissement Urbain en Afrique (African Urban Sanitation Investment Initiative – AUSII).
Cet évènement de haut niveau était présidé par le directeur de cabinet au Ministère de l’Eau et de l’Assainissement, Monsieur Amadou Salmone FALL et avait réuni les décideurs nationaux, des partenaires techniques et financiers, des donateurs ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.
Dans son allocution d’introduction, le Responsable Résident de la Banque Africaine de Développement au Sénégal, Monsieur Wilfrid ABIOLA a souligné que « cet atelier constitue également une opportunité importante pour engager, « Cet atelier permettra de dresser un état des lieux précis du secteur, tout en mettant en lumière les priorités d’intervention et les investissements nécessaires pour accélérer l’accès à des services d’assainissement durables ».
La réunion a tenue des discussions stratégiques permettant de déployer et d’accélérer à plus grande échelle les solutions identifiées et les interventions de la Facilité dans le domaine de l’assainissement urbain en Afrique.
Le rapport de diagnostic présenté estime la valeur du marché de l’assainissement à environ 565 millions de dollars en 2025, avec une projection atteignant 1,3 milliard de dollars d’ici 2050. Cette évolution s’inscrit dans un contexte de forte croissance démographique, la population urbaine du pays devant presque doubler pour atteindre près de 20 millions d’habitants, soit environ 60 % de la population totale.
Soutenue par la Fondation Gates et le Fonds Nordique de Développement, l’AUSII a été lancée en 2024 afin de répondre aux défis structurels de l’assainissement urbain en Afrique. Le secteur est aujourd’hui confronté à un déficit important d’infrastructures, à une urbanisation rapide et à une forte dépendance aux systèmes d’assainissement non collectifs, tels que les latrines à fosse et les fosses septiques. À ce jour, seulement environ 10 % des quelque 700 millions d’habitants urbains du continent ont accès à des réseaux d’égouts. Cette population urbaine devrait atteindre 1,4 milliard d’ici 2050, accentuant les risques sanitaires et environnementaux liés à une gestion insuffisante des eaux usées.
A cet effet, la réunion a également examiné les conditions pour le Sénégal de mobiliser les différents instruments financiers proposés par l’AUSII, notamment l’assistance technique, les subventions, les garanties et le capital-risque de développement, afin d’accélérer les investissements et de soutenir des solutions durables et inclusives en matière d’assainissement urbain.
La clôture de l’atelier de restitution a été honoré par le Ministre Sénégalais de l’Eau et de l’Assainissement, son excellence Monsieur Cheikh Tidiane DIEYE qui a mis un accent sur la volonté du Sénégal de bâtir un secteur de l'assainissement qui soit à la fois performant, inclusif, résilient et créateur de richesse à travers la nouvelle politique sectorielle.
« Nous avons fait le choix d'inscrire résolument notre action dans la dynamique de l'économie circulaire parce que les déchets liquides, les boues de vidange, les eaux usées traitées ne sont pas des résidus à éliminer mais bien des ressources à valoriser, génératrices d'emplois et d'opportunités économiques pour notre jeunesse et pour notre secteur privé », a-t-il dit.
Le Ministre Sénégalais de l’Eau et de l’Assainissement a réaffirmé la disponibilité du Gouvernement du Sénégal à porter cette ambition partagée d'un secteur de l'assainissement performant, inclusif, résilient et créateur de valeur.
Parmi les recommandations clés du rapport, qui présentent un fort potentiel de réplication à l’échelle continentale, figurent le renforcement des capacités opérationnelles, financières et institutionnelles des petits opérateurs privés, la facilitation de l’accès aux équipements et aux services via des mécanismes innovants (leasing, microfinance, garanties), ainsi que l’appui au développement des petites et moyennes entreprises du secteur.